Plus de 4 000 morts en moins de cinq mois : l'épidémie d'Ebola qui frappe la République démocratique du Congo (RDC) est devenue la plus meurtrière jamais connue dans ce pays. En France, un seul cas a été diagnostiqué, en juin, chez un médecin humanitaire aujourd'hui guéri. Les autorités sanitaires jugent le risque d'importation faible. Voici comment le virus se transmet, quels symptômes doivent alerter, et quoi faire si vous rentrez d'une zone touchée.

Où en est l'épidémie d'Ebola en RDC ?

La RDC a déclaré l'épidémie le 15 mai 2026, dans la province de l'Ituri, au nord-est du pays. C'est la 17e épidémie d'Ebola de son histoire. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) l'a classée urgence de santé publique de portée internationale, son niveau d'alerte le plus élevé.

Selon le bilan des autorités congolaises relayé le 2 octobre par franceinfo et l'agence AP, on compte 8 300 cas confirmés, dont 4 018 décès et 2 162 guérisons, soit un taux de létalité de 48,4 %. Le virus circule désormais dans sept provinces du nord et de l'est du pays.

La situation n'est pas uniforme. Dans son point publié le 25 septembre (données au 23 septembre), l'OMS décrit une baisse progressive en Ituri depuis le pic de mi-août, mais une forte hausse au Nord-Kivu, où la létalité atteint 59,7 %, la plus élevée de cette épidémie. L'insécurité, les déplacements de population et la méfiance d'une partie des habitants compliquent la riposte. Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot est arrivé le 2 octobre à Bunia, épicentre de l'épidémie, pour y rencontrer les équipes de riposte.

RepèreCe que l'on sait
Déclaration15 mai 2026, province de l'Ituri (RDC)
Virus en causeBundibugyo, une espèce rare d'Ebola
Bilan RDC (2 octobre)8 300 cas confirmés, 4 018 décès, létalité 48,4 %
IncubationDe 2 à 21 jours (8 jours en moyenne)
Vaccin ou traitement homologuéAucun pour le virus Bundibugyo à ce jour
Cas en France1 cas importé en juin, guéri, aucun cas secondaire
Risque selon l'OMSTrès élevé en RDC, élevé pour ses voisins, faible au niveau mondial

Le virus Bundibugyo : ce que l'on sait

« Ebola » désigne plusieurs virus cousins. Les grandes épidémies passées, dont celle d'Afrique de l'Ouest en 2014-2016 (plus de 11 000 morts selon l'OMS), étaient dues au virus Zaïre, contre lequel il existe un vaccin, l'Ervebo. Celle-ci est causée par le virus Bundibugyo, beaucoup moins étudié : seulement deux épidémies connues avant 2026, en Ouganda en 2007 et en RDC en 2012.

Selon l'OMS, aucun vaccin ni traitement n'est approuvé à ce jour contre le virus Bundibugyo. La prise en charge repose sur les soins de soutien (réhydratation, oxygène, surveillance). Des essais sont en cours : d'après ONU Info, 20 000 doses d'Ervebo ont été allouées à un programme de vaccination de recherche destiné aux soignants et personnels de première ligne en Ituri. Son efficacité contre cette souche reste à l'étude.

Comment se transmet Ebola ?

Ebola ne se transmet pas comme la grippe ou le Covid. D'après l'OMS, la contamination entre humains passe par un contact direct avec :

  • le sang, les vomissements, les selles ou d'autres liquides biologiques d'une personne malade ;
  • le corps d'une personne décédée d'Ebola, très contagieux (d'où le risque lors des rites funéraires) ;
  • des objets ou surfaces souillés par ces liquides (draps, vêtements, matériel de soin).

Point important : une personne infectée n'est pas contagieuse avant l'apparition des symptômes. Ce sont donc surtout les proches qui soignent un malade à domicile, les soignants et les personnes qui participent aux inhumations qui sont exposés. À l'origine, le virus vient d'animaux sauvages ; les chauves-souris frugivores sont soupçonnées d'en être le réservoir naturel.

Les symptômes à connaître

Les premiers signes sont peu spécifiques et ressemblent à ceux du paludisme, de la typhoïde ou d'une grippe :

  • fièvre ;
  • grande fatigue ;
  • douleurs musculaires ;
  • maux de tête ;
  • mal de gorge.

L'OMS indique que la maladie peut ensuite évoluer vers des troubles digestifs (vomissements, diarrhée, douleurs abdominales), une atteinte de plusieurs organes et, dans certains cas seulement, des saignements : les hémorragies ne sont pas systématiques. Le diagnostic nécessite une confirmation en laboratoire.

Quel risque en France ?

Le 24 juin, le ministère de la Santé a annoncé le premier cas d'Ebola identifié sur le territoire national : un médecin humanitaire arrivé de RDC la veille. Pris en charge dès son arrivée à Paris dans un service spécialisé, il est resté peu symptomatique et a quitté l'hôpital le 4 juillet, selon la ministre de la Santé. Les cinq passagers de son vol identifiés comme contacts ont été placés à l'isolement. Une étude publiée dans la revue Eurosurveillance confirme qu'aucun cas secondaire n'a été recensé.

Pour le grand public qui n'a pas voyagé dans les zones touchées, le risque est très bas : le virus ne circule pas en France et la transmission passe par un contact direct avec les liquides biologiques d'une personne malade ou des objets qu'ils ont souillés. Le ministère de la Santé qualifie le risque d'importation de faible, tout en demandant aux soignants de rester vigilants face à tout patient fiévreux revenant d'une zone de circulation du virus.

Vous revenez de RDC ? Les consignes officielles

Que vous rentriez d'une mission humanitaire, d'un déplacement professionnel ou d'un voyage, le ministère de la Santé demande aux voyageurs revenant d'une zone de circulation active du virus de :

  1. Prendre sa température chaque jour pendant 21 jours après le retour (durée maximale d'incubation).
  2. En cas de fièvre à 38 °C ou plus durant cette période, appeler immédiatement le 15 en signalant votre séjour, puis attendre les consignes.
  3. Ne pas se rendre chez son médecin ni aux urgences de sa propre initiative : rester chez soi pour éviter d'exposer d'autres personnes.

Un retour de RDC sans aucun symptôme ne fait pas de vous un cas suspect : les personnes sans symptôme ne sont pas contagieuses.

Avant de partir en Afrique centrale ou de l'Est, consultez la fiche pays de France Diplomatie, mise à jour en fonction de l'évolution de l'épidémie.

Faut-il s'inquiéter ?

Les autorités françaises qualifient le risque d'importation de faible. L'épidémie est grave en RDC, avec une létalité de 48,4 % selon le bilan du 2 octobre, mais le mode de transmission d'Ebola limite sa diffusion dans un pays où le virus ne circule pas et qui dispose de services spécialisés. Une fièvre après un séjour en zone touchée impose en revanche d'appeler le 15. Le bon réflexe reste l'information fiable : les points de situation de l'OMS et du ministère de la Santé, plutôt que les rumeurs sur les réseaux sociaux.

D'autres maladies infectieuses vous concernent plus directement au quotidien, comme le chikungunya transmis par le moustique tigre ou les virus respiratoires de saison : notre article Covid, grippe ou rhume vous aide à faire la différence.

Cet article donne des repères généraux et ne remplace pas un avis médical. En cas de fièvre après un séjour en zone touchée, appelez le 15.