Le virus West Nile (ou virus du Nil occidental) atteint un record de cas identifiés en France : 161 cas humains contractés sur place ont été identifiés au 5 octobre 2026, contre 62 signalés sur toute l'année 2025, qui était déjà une année record. Il se transmet par la piqûre du moustique commun, actif surtout le soir et la nuit. Dans la grande majorité des cas, l'infection passe inaperçue, mais elle peut toucher le système nerveux. Voici les chiffres, les symptômes à surveiller et les gestes qui protègent, notamment si vous courez, roulez ou randonnez en fin de journée.
Un record en 2026 : où en est-on ?
Selon le bulletin de Santé publique France du 7 octobre 2026, 161 cas autochtones (contractés en France) ont été identifiés dans l'Hexagone au 5 octobre, soit 16 de plus que la semaine précédente. Ils concernent sept régions : Provence-Alpes-Côte d'Azur, Occitanie, Île-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes, Nouvelle-Aquitaine (Gironde), Pays de la Loire et Centre-Val de Loire (Loiret). Pour 15 cas, le lieu de contamination n'a pas pu être déterminé.
Les départements les plus touchés restent ceux du Sud : 31 cas dans les Bouches-du-Rhône, 18 dans le Vaucluse, 17 dans le Var et 17 en Haute-Garonne. Mais le virus a aussi été détecté chez l'humain pour la première fois dans 13 départements cette année, de l'Aude à la Vendée en passant par le Rhône, l'Isère, l'Ain, le Loiret ou les Yvelines. L'Île-de-France compte 24 cas répartis dans sept départements ; Paris n'en recense aucun contracté sur place à ce stade.
| Repère | 2025 (année complète) | 2026 (au 5 octobre) |
|---|---|---|
| Cas signalés | 62 | 161 |
| Dont cas sans symptôme (dépistés via les dons de sang) | 8 | 28 |
| Formes neuro-invasives | 20 | 60 |
| Décès signalés | 5 | 5 |
Santé publique France précise que ces données, recueillies au moment du signalement, peuvent être incomplètes et « ne permettent pas de déterminer si ces décès sont imputables à l'infection ». À l'échelle européenne, près de 1 500 cas avaient été signalés dans seize pays depuis le début de la saison, selon les chiffres rapportés le 3 octobre, dont 652 en Italie et 355 en Grèce, selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) cité par Le Figaro.
Comment se transmet le virus West Nile ?
C'est d'abord un virus d'oiseaux. Les moustiques du genre Culex, autrement dit le moustique commun, s'infectent en piquant un oiseau porteur, puis peuvent transmettre le virus à l'humain ou au cheval. Santé publique France les qualifie d'« hôtes accidentels ».
- Pas le moustique tigre. Contrairement à la dengue ou au chikungunya, portés par le moustique tigre, le West Nile passe par le Culex.
- Pas de contagion par les contacts de la vie courante. L'Organisation mondiale de la santé n'a signalé aucune transmission interhumaine par les contacts de la vie courante.
- Rares cas par transfusion ou greffe. Un dépistage systématique des dons de sang a donc été mis en place dans certains départements. C'est par ce biais qu'ont été repérés les 28 cas sans symptôme de 2026.
Quels sont les symptômes ?
Selon l'OMS, environ 80 % des personnes infectées ne ressentent rien. Les autres, environ une sur cinq, développent la fièvre du Nil occidental, qui ressemble à une grippe. D'après le ministère de la Santé, l'incubation dure classiquement de 2 à 6 jours après la piqûre, et peut aller jusqu'à 14 jours.
La forme symptomatique la plus fréquente : un état grippal
- fièvre d'apparition brutale ;
- maux de tête ;
- douleurs musculaires ou articulaires, grande fatigue ;
- parfois une éruption cutanée ou des troubles digestifs.
La forme grave : quand le virus atteint le système nerveux
L'OMS estime qu'environ une personne infectée sur 150 développe une forme neuro-invasive : méningite, encéphalite ou paralysie. Les signes décrits sont une forte fièvre, une raideur de la nuque, une désorientation, des tremblements, des convulsions, une faiblesse musculaire. Elle peut survenir à tout âge, mais les plus de 50 ans et certaines personnes immunodéprimées sont les plus exposés.
Les 60 formes neuro-invasives recensées en France portent sur les 161 cas identifiés, pas sur l'ensemble des personnes infectées, dont la plupart n'ont aucun symptôme. Pour la population infectée dans son ensemble, la référence reste l'estimation de l'OMS : environ une forme grave sur 150 infections.
Il n'existe pas de vaccin pour l'humain. La prise en charge vise à soulager les symptômes et, pour les formes graves, passe souvent par une hospitalisation.
Les agences régionales de santé demandent de consulter rapidement un médecin en cas de fièvre brutale associée à des signes neurologiques, des troubles du comportement ou des propos incohérents. En cas d'urgence, le 15 (Samu) reste le numéro à composer.
Une fièvre avec maux de tête et courbatures, sans signe neurologique, justifie aussi de consulter son médecin traitant, comme le recommande l'ARS Provence-Alpes-Côte d'Azur dans les zones où le virus circule.
Courir, rouler ou randonner le soir : comment se protéger
Le Culex pique surtout en soirée et la nuit, à l'inverse du moustique tigre, actif le jour. Les sorties de fin de journée et les nuits en bivouac sont donc les moments où la protection compte le plus. Les ARS (Auvergne-Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte d'Azur, Pays de la Loire) recommandent :
- Des vêtements longs, amples, couvrants et clairs dès que le jour baisse, y compris pour courir ou rouler.
- Un répulsif cutané sur la peau découverte, en respectant le mode d'emploi. Demandez conseil au pharmacien pour les enfants et les femmes enceintes.
- Une moustiquaire aux fenêtres, autour du lit, ou sur la tente en bivouac.
- La chasse aux eaux stagnantes autour de chez vous : coupelles, seaux, arrosoirs, gouttières, réserves d'eau de pluie à couvrir.
À éviter : l'ARS Provence-Alpes-Côte d'Azur ne recommande pas les bracelets anti-insectes, les huiles essentielles ni les appareils à ultrasons, dont l'efficacité n'a pas été démontrée.
Jusqu'à quand faut-il rester vigilant ?
Le Culex est présent partout en France métropolitaine et reste actif de mai à novembre. La surveillance renforcée court jusqu'au 30 novembre. Dans le dernier bulletin, les cas les plus récents ont vu leurs symptômes débuter vers le 22 septembre, et les chercheurs de l'Université de Montpellier rappellent que le virus peut provoquer des infections jusqu'en novembre. Les gestes ci-dessus restent donc utiles pour vos sorties d'automne en soirée. En forêt, pensez aussi aux piqûres de tique.
Une fièvre en ce moment peut aussi avoir une tout autre origine : notre guide pour distinguer Covid, grippe et rhume vous aide à y voir plus clair. Dans tous les cas, au moindre doute, parlez-en à votre médecin.
