Carlos Alcaraz a gagné le tournoi de Tokyo le 6 octobre 2026 en battant Jiri Lehecka 7-6 (7/4), 6-4. C'est son premier titre depuis février et depuis la blessure au poignet droit qui l'a écarté du circuit pendant plus de quatre mois. Il enchaîne avec le Masters 1000 de Shanghai, du 7 au 18 octobre. Voici ce que l'on sait de cette blessure, de son retour et de ce qu'elle nous apprend sur les douleurs au poignet.
Ce qui s'est passé à Barcelone
Tout commence le 14 avril 2026 au tournoi ATP 500 de Barcelone. Quelques jours plus tôt, Alcaraz avait perdu la finale de Monte-Carlo contre Jannik Sinner. Contre le Finlandais Otto Virtanen, il gagne 6-4, 6-2, mais il fait appel au kiné pendant le premier set. Le lendemain, il déclare forfait. « Après un retour de service, mon poignet a tourné », explique-t-il en conférence de presse. Il parle d'une douleur qu'il avait déjà ressentie et qu'il mettait sur le compte de la fatigue, puis lâche : les examens montrent une blessure « un peu plus grave que prévu ».
S'ensuit une série de forfaits : Madrid, puis Rome et Roland-Garros (annoncés le 24 avril, alors qu'il était double tenant du titre à Paris), Wimbledon (annoncé le 19 mai), puis les Masters 1000 de Montréal et de Cincinnati en août.
Quel est le diagnostic ?
Aucun diagnostic précis n'a été communiqué officiellement par le joueur. Selon L'Équipe, relayé par L'Internaute, il s'agit d'une ténosynovite du poignet droit (inflammation d'un tendon et de la gaine qui l'entoure), sans déchirure. Plusieurs médias espagnols, dont Marca, ont précisé qu'il s'agirait d'une ténosynovite de De Quervain, qui touche les tendons du pouce. Quelques jours après son forfait, il était apparu avec une attelle au poignet et à l'avant-bras droits.
Le retour : US Open, Tokyo, puis Shanghai
Alcaraz retrouve la compétition le 31 août à l'US Open, dont il est tenant du titre, après 139 jours sans match en simple. Il bat Roman Safiullin 6-4, 6-4, 6-4 et va jusqu'en quarts de finale. Il y perd en cinq manches contre l'Américain Ben Shelton le 9 septembre, au bout de la nuit. Pendant le tournoi, il jouait avec un manchon de compression sur le bras droit.
À Tokyo, il perd le premier set de sa demi-finale contre son compatriote Jaume Munar. Avant la finale, il reconnaît être un joueur « différent » de celui de 2025 et devoir retrouver de la régularité. Il gagne tout de même le tournoi. Après la finale, il confie : « On ne sait jamais si on va revenir comme avant, en bonne santé, frapper la balle de manière normale sans douleur. »
| Date (2026) | Étape |
|---|---|
| 14-15 avril | Douleur au poignet droit à Barcelone, forfait au 2e tour |
| 24 avril | Forfait pour Rome et Roland-Garros |
| 19 mai | Forfait pour Wimbledon |
| Août | Forfaits à Montréal et Cincinnati |
| 31 août | Retour victorieux à l'US Open |
| 9 septembre | Quart de finale perdu contre Ben Shelton |
| 6 octobre | Titre à Tokyo, 27e trophée en carrière |
| 7-18 octobre | Masters 1000 de Shanghai (tête de série n°2) |
Le titre japonais est le troisième de sa saison, après l'Open d'Australie (qui lui a permis de compléter le Grand Chelem en carrière) et Doha. D'après Le Figaro, il n'est que le troisième joueur, après Stefan Edberg et Pete Sampras, à conserver son titre à Tokyo.
Ce qui l'attend à Shanghai
Exempté du premier tour en tant que tête de série n°2, l'Espagnol de 23 ans débute contre l'Argentin Juan Manuel Cerúndolo ou un qualifié. Le tableau le dirige ensuite vers Tommy Paul ou le tenant du titre Valentin Vacherot en huitièmes, selon Eurosport. Jannik Sinner, lui, a mis fin à sa saison le 6 octobre à cause d'une blessure au genou. Côté français, Arthur Fils est tête de série n°8.
Moins jouer pour durer
Cette absence a changé son regard sur le calendrier. Pendant l'US Open, il a annoncé qu'il ferait l'impasse sur certains tournois : « Peut-être pas quatre mois, mais un, deux mois, en ratant quelques tournois, parce que c'est impossible de tous les jouer », a-t-il déclaré. Il souligne qu'un joueur qui dispute tous les tournois obligatoires passe environ 40 semaines par an sur le circuit. Patrick Mouratoglou n'est pas d'accord : selon lui, à cet âge, il faut enchaîner les matchs pour progresser.
« Je préfère prendre des pauses volontairement plutôt que d'y être contraint par une blessure. » — Carlos Alcaraz, à l'US Open, cité par Reuters
La ténosynovite du poignet, c'est quoi ?
Ce passage est général : il ne décrit pas le cas d'Alcaraz, dont le dossier médical n'est pas public. La ténosynovite de De Quervain touche deux tendons du pouce (le court extenseur et le long abducteur) au niveau du bord externe du poignet. Les Hospices civils de Lyon la décrivent ainsi :
- Symptôme typique : douleur sur le bord externe du poignet, côté pouce, qui s'aggrave quand on utilise la main et peut remonter vers l'avant-bras.
- Diagnostic : avant tout clinique, avec le test de Finkelstein (poing fermé sur le pouce, puis poignet plié vers l'auriculaire). Une échographie ou une IRM peut compléter le bilan si nécessaire.
- Traitement : d'abord médical, avec repos du pouce, anti-inflammatoires et attelle. Si la douleur persiste, une infiltration peut être proposée, et une chirurgie en dernier recours.
Le Manuel MSD indique qu'une infiltration associée à une attelle du pouce améliore 60 à 80 % des cas. Cette inflammation est souvent liée à la répétition des mêmes gestes du pouce et du poignet : elle ne touche donc pas que les joueurs professionnels.
Une douleur au poignet qui ne passe pas ? Parlez-en à votre médecin. Plusieurs problèmes peuvent faire mal au même endroit, et seul un examen, complété si besoin par une échographie ou une IRM, permet de savoir de quoi il s'agit. Ne vous lancez pas dans un traitement seul. Côté sport, nous avons aussi fait le point sur l'entorse de la cheville.
À retenir
Blessé au poignet droit mi-avril, Alcaraz a manqué Roland-Garros et Wimbledon, est revenu fin août à l'US Open et a gagné à Tokyo son premier titre depuis février. Il estime lui-même qu'il lui manque encore de la régularité. Shanghai dira s'il peut de nouveau enchaîner les grosses semaines. Pour suivre sa nouvelle génération de rivaux, lisez aussi notre portrait de Ben Shelton, celui qui l'a sorti à New York.
