Strade Bianche, Milan-Sanremo, le Tour des Flandres, Liège-Bastogne-Liège, puis une première étape du Tour de Suisse gagnée en solitaire : à deux semaines du Tour de France 2026, Tadej Pogačar ne gagne pas, il écrase. Le Slovène d’UAE Team Emirates-XRG aborde la Grande Boucle (4-26 juillet) avec une étiquette qu’il connaît par cœur, celle de favori numéro un. Voici pourquoi son nom revient partout en ce moment.
Un printemps 2026 de démonstration
La saison de « Pogi » ressemble à une longue séance de domination. Le 7 mars, il remporte les Strade Bianche pour la quatrième fois, devant le jeune Français Paul Seixas. Il enchaîne avec un premier Milan-Sanremo, puis un troisième Tour des Flandres, avant un quatrième Liège-Bastogne-Liège, son treizième Monument. Trois Monuments en un seul printemps : la statistique parle d’elle-même.
La seule fausse note ? Une deuxième place sur Paris-Roubaix, battu sur les pavés par le Belge Wout van Aert. Pour le reste, le champion du monde a tout raflé, jusqu’au Tour de Romandie fin avril, conclu avec quatre victoires d’étape.
| Course 2026 | Résultat |
|---|---|
| Strade Bianche (7 mars) | 1er (4e succès) |
| Milan-Sanremo | 1er (une première) |
| Tour des Flandres | 1er (3e succès) |
| Paris-Roubaix | 2e (derrière Van Aert) |
| Liège-Bastogne-Liège | 1er (4e succès, 13e Monument) |
| Tour de Romandie | Vainqueur (4 étapes) |
| Tour de Suisse, 1re étape (17 juin) | 1er + maillot de leader |
Tour de Suisse : la dernière répétition avant juillet
Le 17 juin, Pogačar a frappé fort dès la première étape du Tour de Suisse : une attaque à mi-parcours, un raid en solitaire et le maillot de leader sur les épaules dans la foulée. Seul l’Équatorien Richard Carapaz a limité les dégâts en terminant deuxième ; le reste du peloton a regardé passer le train.
Le Slovène est venu sur la course avec deux objectifs : ajouter le Tour de Suisse à son palmarès et peaufiner sa préparation pour le Tour de France. Résultat, mi-juin, un ratio qui fait réfléchir : dix victoires en douze jours de course en 2026 selon l’AFP. Le reflet d’un calendrier volontairement resserré, où il choisit ses rendez-vous et les gagne.
Pourquoi il part favori du Tour de France 2026
Le Tour de France 2026 s’élance le samedi 4 juillet de Barcelone, par un contre-la-montre par équipes, et s’achève le 26 juillet à Paris. Au menu : 21 étapes, environ 3 333 km et un dénivelé total qui frôle les 54 000 mètres, avec des arrivées en altitude au Plateau de Solaison et deux fois à l’Alpe d’Huez. Un parcours taillé pour les grimpeurs explosifs, autrement dit son terrain.
Quadruple vainqueur de l’épreuve (2020, 2021, 2024 et 2025) et champion du monde en titre, Pogačar coche toutes les cases. Son principal rival attendu reste le Danois Jonas Vingegaard, le seul coureur à l’avoir vraiment fait douter ces dernières années. Reste le piège du favori : sur trois semaines, une chute, un coup de chaud ou une défaillance peuvent tout faire basculer. Le vélo reste un sport d’imprévus, et c’est aussi pour ça qu’on le regarde.
Qui est Tadej Pogačar ?
Pour ceux qui découvrent le nom, voici la fiche express du phénomène slovène.
| Né le | 21 septembre 1998 (27 ans), Slovénie |
|---|---|
| Équipe | UAE Team Emirates-XRG (contrat jusqu’en 2030) |
| Gabarit | 176 cm pour environ 66 kg |
| Grands Tours | 4 Tours de France (2020, 2021, 2024, 2025) |
| Titres | Champion du monde 2024 et 2025, champion d’Europe 2025 |
Côté finances, sa cote a grimpé avec ses résultats : la presse spécialisée, dont la Gazzetta dello Sport, évoque un salaire de l’ordre de 8,3 millions d’euros par an, ce qui en ferait le mieux payé du peloton. À prendre comme des estimations : les contrats exacts ne sont pas publics.
Ce que les amateurs peuvent en retenir
Non, vous ne grimperez pas l’Alpe d’Huez comme lui le mois prochain. Mais ce qui fait un coureur comme Pogačar repose sur des principes valables pour tout pratiquant d’endurance : un bon rapport poids/puissance, beaucoup de volume à intensité maîtrisée, quelques séances dures bien ciblées, et une récupération prise au sérieux. La régularité sur des mois bat toujours la grosse séance héroïque suivie de trois jours sur le canapé.
Le reste tient à un détail qu’on oublie souvent en le voyant attaquer : le plaisir. Pogačar court à l’instinct, sourire aux lèvres. Pour un amateur, c’est sans doute le conseil le plus transposable. Si vous reprenez la course ou le vélo cet été, allez-y progressivement et adaptez l’effort à la météo : on en parle d’ailleurs dans notre guide pour s’entraîner par forte chaleur. En cas de doute sur votre état de forme, demandez l’avis d’un professionnel de santé.
Rendez-vous le 4 juillet à Barcelone : si la tendance du printemps se confirme, le maillot jaune pourrait vite reprendre une teinte très familière. Et même chez ses rivaux français, comme le grimpeur Valentin Paret-Peintre, personne ne dira le contraire.
Sources : parcours officiel du Tour de France 2026 (letour.fr), Le Dauphiné / AFP (17 juin 2026), Le Monde (7 mars 2026), Wikipédia.
